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Apprendre à se connaître pour reprendre le contrôle de sa vie

inneallaccompagnem
24 oct.
21 min de lecture

Et si la première étape du changement n'était pas de chercher ce qui ne va pas, mais de comprendre comment vous fonctionnez ?

Nous traversons tous des périodes où nous avons l'impression de subir notre vie, nos émotions, nos relations ou nos décisions.

Nous pouvons alors nous sentir bloqués, manquer de confiance, accumuler les frustrations ou avoir le sentiment que rien ne change malgré nos efforts.

Mais une question mérite d'être posée :

Comment pouvez-vous changer quelque chose si vous ne comprenez pas ce qui se joue réellement en vous ?


C'est tout l'intérêt du travail sur soi : apprendre à observer ses fonctionnements, comprendre ses réactions, identifier ses peurs, reconnaître ses besoins et progressivement retrouver une capacité d'action sur sa propre vie.

Il ne s'agit pas de tout contrôler, ni de ne plus jamais ressentir d'émotions désagréables.

Il s'agit d'apprendre à ne plus être systématiquement dirigé par ses peurs, ses croyances ou ses automatismes.

Dans cet article, je vous propose une méthodologie de réflexion que vous pourrez utiliser au quotidien.

Prenez un cahier, accordez-vous du temps et, surtout, acceptez de regarder votre fonctionnement avec honnêteté, sans chercher à vous juger. Les défauts font parties de l'humanité, nous les pratiquons juste à des degrés d'intensités différents en fonction de notre construction.


1. La confiance en soi se construit par l'expérience

Et si votre manque de confiance était avant tout un manque d'expériences gratifiantes ?

J'entends régulièrement des personnes me dire :

« Je ne suis pas quelqu'un qui a confiance en moi. »

Mais est-ce réellement une caractéristique de leur personnalité ?

Ou est-ce simplement qu'elles n'ont pas suffisamment vécu d'expériences leur permettant de développer cette confiance ?


Une personne qui évite systématiquement les situations inconfortables, qui ne prend jamais de risques, qui n'ose pas exprimer ses choix ou qui reste constamment dans ce qu'elle connaît se prive d'occasions de découvrir ses capacités.

Elle peut alors finir par se convaincre qu'elle n'est pas capable, alors qu'elle n'a parfois simplement jamais essayé.

La confiance ne se construit pas uniquement en se répétant que l'on est capable. Elle se construit aussi en vivant des expériences qui nous permettent de constater que nous le sommes.

Prenons un exemple.

Une personne n'ose jamais donner son avis par peur du jugement. Elle préfère se taire, même lorsqu'elle n'est pas d'accord.

En évitant de s'exprimer, elle évite temporairement une situation inconfortable.

Mais elle ne découvre jamais ce qui pourrait réellement se passer si elle osait prendre la parole.

Elle ne se donne pas non plus la possibilité de vivre une expérience positive : être écoutée, être comprise, être respectée ou simplement constater qu'elle peut exprimer un désaccord sans que cela devienne dramatique.

C'est précisément là que se trouve l'intérêt de sortir progressivement de sa zone de confort.


Pourquoi le déséquilibre est-il intéressant ?

Dans ma pédagogie de travail, je m'appuie beaucoup sur cette question :

« De quoi avez-vous peur ? »

Lorsque vous sortez de votre zone de confort, vous rencontrez une situation inhabituelle.

Vous devez alors réévaluer vos repères, vos capacités et votre sentiment de sécurité.

Vous créez une forme de déséquilibre.

Ce déséquilibre est intéressant, car il vous pousse à vous adapter, à expérimenter et à découvrir de nouvelles possibilités.

Si l'expérience devient trop intense, vous pouvez réduire la difficulté, revenir à une étape plus accessible et retrouver un équilibre.

Le but n'est donc pas de vous mettre volontairement dans des situations dangereuses ou insurmontables.


Le principe est d'augmenter progressivement le niveau de difficulté, suffisamment pour vous stimuler, mais sans vous mettre en échec permanent.

Chaque expérience devient alors une occasion d'apprendre.

Vous découvrez ce que vous savez déjà faire, ce qui reste difficile et ce que vous pouvez développer.


Apprendre à réussir plutôt qu'à rechercher systématiquement l'échec

Notre manière d'évaluer les apprentissages influence également notre rapport à la confiance.

Prenons l'exemple de la scolarité.

Dans un système de notation classique, on commence souvent avec un nombre de points maximal, puis on retire des points à chaque erreur.

L'attention se porte alors principalement sur ce qui n'a pas été réussi.

Mais pourquoi ne pas également regarder ce qui a été compris ?

Si un élève maîtrise une partie d'un exercice, cette partie représente une véritable acquisition.

C'est quelque chose qu'il pourra conserver, réutiliser et rendre fonctionnel dans sa vie.

L'erreur peut bien sûr être utile pour identifier ce qui reste à apprendre. Mais elle ne devrait pas faire disparaître tout ce qui a déjà été acquis.


Cette réflexion s'applique également au développement personnel.

Au lieu de vous demander uniquement :

« Qu'est-ce que j'ai encore raté ? »

Demandez-vous :

« Qu'est-ce que j'ai réussi à faire cette fois-ci que je ne faisais pas auparavant ? »

C'est en identifiant vos progrès, même modestes, que vous pouvez commencer à construire de nouvelles références positives.


Exercice 1 — Construire sa confiance par l'expérience

Prenez votre cahier et répondez aux questions suivantes :

  1. Dans quelles situations ai-je tendance à dire que je manque de confiance en moi ?

  2. De quoi ai-je réellement peur dans ces situations ?

  3. Qu'est-ce que j'évite de faire pour ne pas ressentir cette peur ?

  4. Depuis combien de temps est-ce que j'évite cette situation ?

  5. Quelles expériences positives pourrais-je vivre si j'osais agir différemment ?

  6. Quelle petite action pourrais-je mettre en place pour commencer à sortir de ma zone de confort ?

  7. Comment pourrais-je augmenter progressivement la difficulté ?


Votre objectif : choisir une action accessible, la réaliser, puis noter ce que vous avez réussi, ce que vous avez ressenti et ce que cette expérience vous a appris.

Ne cherchez pas immédiatement à réaliser quelque chose d'extraordinaire.

Cherchez à multiplier les expériences qui vous permettent d'acquérir de nouvelles capacités.


Sortir de sa zone de confort est stressant car vous faites quelque chose que vous ne connaissez pas. Vous pouvez réduire ce stress grâce à certains exercices de ma chaine Youtube le switch ou la dissociation.


2. La soumission et l'évitement peuvent entretenir le manque de confiance

Il est également important de comprendre que certains comportements sont encouragés par notre environnement social.

Dans de nombreux contextes, notamment professionnels, nous apprenons à nous taire, à encaisser, à nous adapter ou à éviter les conflits.

Il peut être nécessaire de faire des compromis. Mais lorsque cette adaptation devient systématique et que vous n'exprimez plus vos besoins, vos limites ou vos désaccords, elle peut générer de nombreuses frustrations.

Vous pouvez finir par avoir l'impression de ne plus avoir de pouvoir sur votre propre vie.

Prenons l'exemple d'une personne qui accepte systématiquement des demandes supplémentaires au travail.

Elle est fatiguée, manque de temps et ressent de l'injustice.

Pourtant, elle continue à dire oui.

Pourquoi ?

Peut-être parce qu'elle a peur de décevoir, d'être jugée, de perdre sa place ou de provoquer un conflit.

Le problème ne se limite donc pas à la situation professionnelle.

Il est également intéressant de comprendre ce que cette personne cherche à protéger en acceptant systématiquement.

À force de ne jamais expérimenter la possibilité de poser une limite, elle peut renforcer l'idée qu'elle n'a pas le choix. Elle peut egalement se rendre compte que finalement c'est dans tous ses moments de vie qu'elle accepte tout . Conjoint, famille, amis ... Et finalement il est plus facile de se dire que c'est juste le travail car psychologiquement, on a plus envie de changer de travail que de famille ! Alors il faut regarder pourquoi un tel niveau d'intensité et le baisser, travailler sur ce ressentis pour éviter d'exploser des situations qui ne sont qu'un représenté de notre problème réel.

C'est pourquoi il est essentiel d'apprendre à identifier ses peurs avant de chercher à modifier ses comportements.

Car vous pouvez changer de travail, mais si le problème n'est pas résolu chez vous il viendra de nouveau vous percuter.


Les frustrations qui découlent de ces situations méritent également d'être comprises. Je développe plus précisément ce fonctionnement dans mon article consacré à la frustration.


Exemple de questionnement :

  • Dans quelles situations ai-je tendance à réagir comme ça ?

  • Comment je me sens à ce moment là ?

  • Est ce que cet état est du uniquement à cet évènement ?

  • De quoi ai-je peur ?

  • Qu'est-ce que je cherche à protéger chez moi en adoptant ce comportement ?

  • Quelles frustrations cette situation génère-t-elle chez moi ?

  • De quoi j'ai réelle besoin finalement ?

  • sur quoi repose ce problème ?

  • Quels sont mes solutions pour répondre à ce problème ?



3. Sortir du constat permanent pour commencer à agir

Lorsque nous traversons une période difficile, nous pouvons rapidement nous enfermer dans un fonctionnement répétitif :

« Ça ne va pas. »

« Mon travail ou mon couple ne me convient pas. »

« Je ne suis pas bien dans ma vie. »

« Je suis fatigué. »

« Rien ne change. »

Ces constats peuvent être parfaitement réels.

Le problème apparaît lorsqu'ils deviennent notre seule manière d'aborder la situation.

Constater quotidiennement que quelque chose ne va pas, sans chercher à comprendre ce qui pourrait être modifié, ne permet pas nécessairement de trouver une solution.


Il ne faut plus rester uniquement dans l'énumération de ce qui ne va pas, mais commencer à rechercher ce sur quoi nous pouvons agir.

Cela ne signifie pas nier ses difficultés, minimiser sa souffrance ou considérer qu'il suffit de vouloir aller mieux.

Il s'agit de passer progressivement d'une position d'observation à une position de recherche de solutions.


Repartir de la réalité

Avant de vouloir tout changer, commencez par faire un état des lieux.

Demandez-vous :

  • D'où est-ce que je pars aujourd'hui ?

  • Quelles sont mes capacités actuelles ?

  • Qu'est-ce qui ne va pas dans ma vie ?

  • Depuis combien de temps cette situation dure-t-elle ?

  • Qu'est-ce que qui a changé dans ma vie pour que cette situation existe ?


Puis posez-vous une autre question essentielle :

« Lorsque j'allais mieux, qu'est-ce que je faisais différemment dans ma vie ? »

Nous avons parfois tendance à oublier les périodes durant lesquelles nous nous sentions plus équilibrés.

Pourtant, elles peuvent contenir des informations précieuses.

Peut-être aviez-vous davantage d'activité physique, des relations sociales plus régulières, des moments pour vous, un meilleur rythme de sommeil ou des activités qui vous procuraient du plaisir.

L'intérêt est de revisiter ces périodes pour identifier ce que vous mettiez concrètement en place.

Vous pourrez ensuite réfléchir à ce qu'il serait possible de réintroduire progressivement dans votre quotidien.

Si vous reproduisez constamment les mêmes fonctionnements, vous risquez de retrouver les mêmes résultats.

Pour obtenir quelque chose de différent, il est parfois nécessaire de modifier une partie de ce que vous faites.


Exercice 3 — Comparer deux périodes de votre vie

Dans votre cahier, créez deux colonnes.

Lorsque je me sentais mieux

Aujourd'hui

Mon rythme de sommeil

Mon rythme de sommeil

Mon activité physique

Mon activité physique

Mon alimentation

Mon alimentation

Mes relations sociales

Mes relations sociales

Mes activités gratifiantes

Mes activités gratifiantes

Mon organisation quotidienne

Mon organisation quotidienne

Mes priorités

Mes priorités

Mon état émotionnel

Mon état émotionnel

Observez ensuite les différences.

Qu'avez-vous arrêté de faire ?

Qu'avez-vous commencé à faire ?

Qu'est-ce qui vous apportait de la satisfaction et qui a progressivement disparu ?

Qu'est-ce que vous pourriez réintroduire, même à petite échelle ?

Ce travail permet de repartir de faits concrets plutôt que de rester uniquement dans une impression générale de mal-être.


4. Ce que vous n'entretenez plus risque progressivement de se dégrader

Il existe une réflexion à utiliser régulièrement :

« Ce que tu abandonnes finit parfois par t'abandonner. »

Cette phrase invite à regarder où nous investissons réellement notre temps, notre attention et notre énergie.

Prenons plusieurs exemples.


Votre corps

Vous ne vous sentez pas bien physiquement, mais vous ne prenez plus de temps pour bouger, vous reposer, cuisiner des produits sains ou vous occuper de vos besoins corporels.

Progressivement, vous pouvez ressentir davantage de fatigue, de raideurs ou une diminution de vos capacités physiques.

Il ne s'agit pas de dire que toutes les maladies sont provoquées par un manque d'activité ou que nous sommes responsables de nos problèmes de santé.

En revanche, il est intéressant de se demander quelle place nous accordons à l'entretien de notre santé, dans la mesure de nos possibilités.


Votre couple

Vous passez beaucoup de temps sur votre téléphone.

Vous êtes peu disponible pour votre conjoint.

Vous ne partagez plus d'activités et vous investissez de moins en moins de temps dans votre relation.

Il devient alors possible que la relation s'appauvrisse progressivement.

Une relation demande généralement de l'attention, de la communication et un investissement réciproque.


Vos enfants

Vous êtes constamment occupé et vous consacrez peu de moments à vos enfants.

Avec le temps, la relation peut évoluer et une distance peut s'installer.

Il est donc important de réfléchir non seulement au temps passé ensemble, mais aussi à la qualité de votre disponibilité.


Votre travail

Vous souhaitez évoluer professionnellement, mais vous n'investissez plus d'énergie dans vos apprentissages, vos démarches ou le développement de vos compétences.

Vous pouvez alors limiter certaines possibilités d'évolution.

Bien entendu, la reconnaissance professionnelle dépend également de nombreux facteurs extérieurs.

Mais il reste utile d'identifier ce qui relève de votre capacité d'action.


Où placez-vous réellement votre énergie ?

Nous pouvons souhaiter beaucoup de choses sans nécessairement investir du temps dans les actions qui pourraient nous en rapprocher.

Vouloir une relation épanouissante sans jamais lui consacrer de temps.

Vouloir développer sa confiance sans jamais expérimenter de nouvelles situations.

Vouloir retrouver un meilleur équilibre sans modifier certaines habitudes.

C'est ici qu'intervient une notion essentielle : la cohérence entre ce que vous souhaitez et ce que vous mettez réellement en place.


Exercice 4 — Faire le point sur votre investissement personnel

Pour chaque domaine important de votre vie, notez :

Domaine

Importance pour moi /10

Énergie investie /10

Retour sur investissement /10

Santé et bien-être




Couple




Famille




Vie professionnelle




Relations sociales




Développement personnel




Loisirs et plaisir




Apprentissage




Observez les éventuels écarts entre l'importance que vous accordez à un domaine et l'énergie que vous y investissez.

Puis demandez-vous :

  • Pourquoi cet écart existe-t-il ?

  • Est-ce un choix, un manque de temps, une difficulté ou une peur ?

  • Qu'est-ce qui m'empêche d'y consacrer davantage d'attention ?

  • Est-ce réellement une priorité pour moi aujourd'hui ?

  • Qu'est-ce que je pourrais modifier sans déséquilibrer les autres domaines de ma vie ?

L'objectif n'est pas de vous culpabiliser.

Il est de comprendre comment vous répartissez votre énergie et si cette répartition correspond à vos besoins actuels.


5. Reprendre le contrôle commence aussi par le corps

Notre fonctionnement émotionnel n'est pas dissocié de notre fonctionnement physique.

Lorsque nous traversons une période difficile, il est donc intéressant d'observer notre sommeil, notre alimentation, notre activité physique et notre niveau d'énergie.

Le but n'est pas de se dire :

« Je mange mal, je ne fais pas assez de sport, je ne suis pas capable de m'organiser. »

Cette manière de se juger ne constitue pas une solution.

Il s'agit d'accepter votre point de départ actuel, d'observer votre réalité et de rechercher ce qui pourrait vous aider à retrouver un fonctionnement plus équilibré.


L'activité physique : remettre du mouvement

Lorsque nous manquons d'énergie, nous pouvons avoir tendance à réduire progressivement nos activités.

Nous sortons moins, nous bougeons moins et nous pouvons finir par nous enfermer dans une certaine inertie.

Or, une activité physique adaptée permet notamment de stimuler la circulation sanguine, de mobiliser les articulations, d'entretenir les muscles et de soutenir le bien-être général.

Elle peut également contribuer à améliorer le sommeil et l'humeur.


Dans certaines situations de dépression, une activité physique adaptée peut faire partie des mesures bénéfiques, en complément d'un accompagnement médical ou psychologique approprié.

Il ne s'agit pas de demander à une personne en difficulté de se forcer à réaliser des efforts importants.

Parfois, recommencer à marcher quelques minutes, sortir de chez soi ou reprendre une activité accessible constitue déjà une première étape.

L'important est d'amener progressivement du mouvement, en respectant son état de santé et ses capacités.


Adapter les exercices à votre fonctionnement

Tout le monde n'a pas besoin de la même chose.

Si vous êtes constamment dans l'agitation ou l'hyperactivité :

Vous pouvez avoir intérêt à expérimenter des activités que vous pratiquez rarement :

  • Des exercices respiratoires.

  • Des exercices de relaxation.

  • Des moments de calme.

  • Des activités qui demandent de ralentir.

  • Des temps sans sollicitations permanentes.

L'objectif est d'apprendre à retrouver des moments d'apaisement.

Si, au contraire, vous manquez d'énergie et avez tendance à rester dans l'inactivité :

Vous pouvez chercher à réintroduire progressivement :

  • De la marche.

  • Des sorties.

  • Une activité physique adaptée.

  • Des activités extérieures.

  • Des moments qui vous permettent de vous remettre en mouvement.

L'objectif est de retrouver progressivement de l'activité et de la stimulation.

Il ne s'agit donc pas d'appliquer une méthode identique à tout le monde.

Il faut d'abord observer votre fonctionnement, puis choisir les exercices qui correspondent à vos besoins.


Le sommeil : une priorité souvent négligée

Le sommeil joue un rôle essentiel dans la récupération physique, la régulation émotionnelle, la mémoire et de nombreux mécanismes de réparation de l'organisme.

Le sommeil constitue une période particulièrement importante pour la récupération.

Pourtant, nous pouvons parfois constater que nous dormons mal sans modifier les habitudes qui entretiennent nos difficultés.


Prenons un exemple.

Vous vous couchez régulièrement trop tard, vous passez beaucoup de temps devant les écrans et vous êtes fatigué chaque matin.

Vous pouvez alors passer la semaine à constater votre fatigue, votre irritabilité et votre manque d'énergie.

Mais vous pouvez également commencer à vous demander :

« Qu'est-ce que je pourrais concrètement changer dans mon organisation ? »

Peut-être pourriez-vous avancer progressivement votre heure de coucher, limiter les écrans en soirée ou reprendre une activité calme comme la lecture.

Une activité physique régulière, pratiquée à un horaire qui vous convient, peut également contribuer à améliorer la qualité du sommeil.

Le principe reste le même : ne pas rester uniquement dans le constat, mais chercher une première action réalisable.

Si les troubles du sommeil persistent, il est important d'en rechercher les causes avec un professionnel de santé.


Exercice 5 — Votre bilan physique et quotidien

Prenez le temps d'évaluer :

  1. Comment est mon sommeil actuellement ?

  2. Est-ce que je me réveille reposé ?

  3. Quelle place occupe l'activité physique dans ma semaine ?

  4. Comment est mon alimentation ?

  5. Est-ce que je prends suffisamment de temps pour récupérer ?

  6. Suis-je plutôt dans l'agitation permanente ou dans le manque d'énergie ?

  7. Quelles activités me permettent de retrouver du calme ?

  8. Quelles activités me permettent de retrouver de l'énergie ?

  9. Quelle habitude pourrais-je modifier dès cette semaine ?

Choisissez des actions réalistes.

Il est préférable de commencer par un changement que vous pouvez maintenir plutôt que de vouloir transformer toutes vos habitudes en quelques jours.

Une habitude est une programmation et elle se mets en place par la répétition sur la durée .


6. Apprendre à évaluer l'intensité de ce que vous vivez

Une autre étape fondamentale du travail sur soi consiste à apprendre à mettre des curseurs sur ses ressentis.

Je rencontre régulièrement des personnes qui arrivent en séance en me disant :

« Ça ne va pas du tout. »

Puis elles évoquent plusieurs difficultés :

« Mon travail, ça ne va pas. »

« Mon couple, ça ne va pas. »

« Ma famille, ça ne va pas. »

« Je suis stressé tout le temps. »

Dans leur manière de présenter les choses, toutes les situations semblent parfois avoir la même intensité.

Pourtant, lorsque nous prenons le temps de les regarder individuellement, nous découvrons souvent des différences importantes.

Une situation peut être ressentie à 3/10, une autre à 6/10 et une troisième à 9/10.

Tout n'a donc pas nécessairement le même poids.


Pourquoi mettre une note sur son ressenti ?

Parce que cela permet de commencer à différencier les situations et à les remettre dans un certain ordre.

Lorsque nous sommes dans une émotion intense, nous pouvons avoir l'impression que tout est insurmontable.

Mais en prenant le temps de revenir sur une situation précise, de l'observer et d'évaluer ce que nous ressentons, nous pouvons parfois constater que son intensité est différente de notre première impression.

Ce travail permet également de suivre l'évolution d'un ressenti dans le temps.

L'objectif n'est pas de nier l'émotion, mais de mieux la mesurer pour pouvoir travailler dessus.


Exercice 6 — Mettre des curseurs sur vos ressentis

Choisissez trois situations qui vous préoccupent actuellement.

Pour chacune, notez :

Situation

Ressenti principal

Intensité /10

Situation 1



Situation 2



Situation 3



Utilisez cette échelle comme un repère personnel :

  • 1 à 3 : ressenti présent, mais relativement léger.

  • 4 à 6 : ressenti significatif, qui mobilise votre attention.

  • 7 à 8 : ressenti intense, difficile à gérer.

  • 9 à 10 : ressenti extrêmement intense ou envahissant.

Ces niveaux ne constituent pas une mesure médicale. Ils servent simplement à vous aider à observer votre expérience.


Puis demandez-vous :

  • Est-ce que toutes mes difficultés ont la même importance ?

  • Quelle situation nécessite une attention prioritaire ?

  • Est-ce que l'intensité change lorsque je prends le temps de l'observer ?

  • Est ce que j'ai une réaction récurente ?

Vous pouvez refaire cette évaluation après avoir mis en place un exercice ou une action afin d'observer une éventuelle évolution.

Important analyser une réaction est plus adapté après l'avoir décompresser, car en état de stress votre focus se réduit et il est souvent plus difficile de trouver des solutions.


7. Comprendre ce qui se rejoue : ne regardez pas uniquement les situations, regardez vos ressentis

C'est probablement l'un des points les plus importants de ma pédagogie.

Lorsque nous cherchons à comprendre un problème, nous avons tendance à raconter les événements.

Nous expliquons ce qui s'est passé, ce que l'autre a dit, ce que nous avons répondu et pourquoi la situation nous paraît injuste.

Mais ce qui m'intéresse particulièrement dans le travail émotionnel, ce n'est pas la situation.

C'est ce que cette situation a déclenché en vous.

Prenons un exemple.

Vous vivez une dispute avec votre conjoint.

Vous ressentez une peur importante de ne pas être compris.

Quelques jours plus tard, vous rencontrez une difficulté professionnelle.

Le contexte est complètement différent, mais vous retrouvez cette même sensation de ne pas être compris.

Puis une situation familiale déclenche à nouveau ce ressenti.

Trois situations différentes.

Mais peut-être un même fonctionnement émotionnel qui se répète.

C'est ce qu'il devient intéressant d'observer.


Si vous vous concentrez uniquement sur les événements, vous risquez de traiter chaque situation comme un problème indépendant.

En revanche, si vous commencez à identifier les ressentis qui reviennent régulièrement, vous pouvez découvrir des points communs.

Et ces points communs deviennent des pistes de travail.


Les fonctionnements répétitifs dans les familles et les couples

Dans certaines relations, notamment familiales ou conjugales, nous pouvons observer des comportements qui se rejouent systématiquement lorsque les personnes se retrouvent.

C'est parfois comme si chacun reprenait spontanément une place ou un rôle habituel.

Une personne critique.

L'autre se justifie.

La première insiste.

L'autre se ferme ou s'énerve.

Et le même fonctionnement recommence à la rencontre suivante.

Chaque réaction vient alors alimenter la suivante.

Nous pouvons avoir l'impression d'assister à une sorte de jeu relationnel qui se relance automatiquement.

Pour modifier ce fonctionnement, il faut commencer par comprendre ce que chacun met en place et, surtout, ce qui se joue en soi.

Car vous ne pouvez pas changer le comportement de l'autre.

En revanche, vous pouvez apprendre à identifier vos propres réactions et à expérimenter une autre manière de répondre.

L'idéal pour repérer les émotions répétitives, c'est de quotidiennement noté ce qui a posé émotionnelement problème dans la journée.

Ensuite, observez votre semaine .

Ne cherchez pas uniquement les ressemblances entre les événements. Cherchez surtout les ressemblances entre vos ressentis.

C'est là que vous pouvez commencer à identifier certains automatismes.


8. De quoi avez-vous peur et qu'essayez-vous de protéger ?

Lorsque vous avez identifié un ressenti répétitif, vous pouvez aller plus loin.

Dans mon accompagnement, je reviens très régulièrement à cette question :

« De quoi avez-vous peur ?qu'est ce que vous protégez par cette réaction »

Parce que derrière certaines réactions, il existe un besoin à assouvir.

Par exemple, une personne peut ressentir une colère importante lorsqu'elle n'obtient pas de réponse à un message.

Mais qu'est-ce qui se joue réellement ?

Est-ce la peur d'être ignorée ?

La peur de ne pas compter ?

La peur d'être rejetée ?

La peur de perdre le contrôle ?

Ou finalement un grand besoin d'attention !


Il faut se questionner, explorer son ressenti et comprendre ce qui vous correspond réellement.

Une même situation peut déclencher des ressentis et des besoins complètement différents selon les individus.


C'est pourquoi il est essentiel de ne pas s'arrêter à la première explication.

Aller au-delà de la réaction


Ce questionnement permet d'explorer ce qui peut se trouver derrière certains comportements.

Vous pouvez chercher à protéger votre liberté, votre amour, votre place au sein de l'humanité ou votre valeur personnelle... Puis observez votre vie avec ce besoin assouvi.

L'objectif n'est donc pas de tout ramener à une peur personnelle.

Il est de comprendre votre fonctionnement avec précision.


9. Revisiter ses croyances : ce que vous pensez être vrai l'est-il réellement ?

Nous avons tous grandi avec des règles, des valeurs, des conseils et des représentations de ce qui était considéré comme bien ou mal.

Certaines croyances nous aident à nous construire.

D'autres peuvent progressivement devenir limitantes.

Par exemple :

« Dire non, c'est être égoïste. »

« Il faut éviter les conflits. »

« Si je fais une erreur, je vais être jugé ou rejeté ou décevoir. »

Ces croyances peuvent influencer nos décisions sans que nous en ayons réellement conscience.

Elles peuvent également augmenter nos frustrations.

Imaginez une personne qui a appris qu'il fallait toujours faire passer les autres avant soi.

Elle peut avoir énormément de difficultés à s'autoriser du repos, à refuser une demande ou à exprimer ses propres besoins.

Chaque fois qu'elle envisage de le faire, elle peut ressentir de la culpabilité.

Mais cette culpabilité signifie-t-elle nécessairement qu'elle fait quelque chose de mal ?

Ou est-elle liée à une règle qu'elle a intégrée depuis longtemps ?

C'est précisément ce qu'il faut aller questionner.

Les conseils de votre entourage sont-ils toujours adaptés ?

Lorsque nous rencontrons des difficultés, nos proches peuvent nous donner des conseils.

Ces conseils partent parfois d'une bonne intention.

Mais ils sont aussi influencés par leurs propres expériences, leurs croyances et leurs peurs.

Un conseil qui convient à une personne ne correspond pas nécessairement à vos besoins ou à votre situation.

Il est donc intéressant de se demander :

« Est-ce que j'applique ce conseil parce qu'il me correspond réellement ou parce que quelqu'un m'a appris que c'était la bonne manière de faire ? »

Revisiter ses croyances permet progressivement de distinguer ce que l'on choisit réellement de ce que l'on reproduit par habitude.

L'objectif n'est pas de rejeter systématiquement tout ce que vous avez appris.

Il est de vérifier si vos croyances actuelles correspondent encore à vos besoins, à vos valeurs et si c'est fonctionelle dans votre réalité.


10. Comprendre qu'il existe un prix à payer dans nos choix

Chaque choix implique des conséquences.

Et parfois, nous voulons obtenir un résultat sans accepter de modifier les habitudes qui entretiennent notre situation actuelle.

Nous souhaitons mieux dormir, mais nous ne voulons pas changer notre rythme du soir.

Nous souhaitons retrouver une meilleure forme physique, mais nous ne trouvons jamais de place pour une activité adaptée.

Nous souhaitons améliorer une relation, mais nous ne consacrons pas de temps à la communication.

Nous souhaitons développer notre confiance, mais nous évitons toutes les situations qui pourraient nous permettre de progresser.

Il est alors nécessaire de regarder nos priorités.

Qu'est-ce que je souhaite réellement obtenir et qu'est-ce que je suis prêt à modifier pour m'en rapprocher ?

Accepter de modifier ses priorités

Si vous souhaitez retrouver un meilleur sommeil, cela peut nécessiter de renoncer à certaines habitudes du soir.

Si vous souhaitez développer vos compétences, cela peut nécessiter de consacrer du temps et ou de l'argent à l'apprentissage.

Si vous souhaitez sortir d'un fonctionnement répétitif, cela peut nécessiter d'accepter temporairement un certain inconfort.

Il existe donc souvent un effort d'adaptation.

Mais cet effort doit rester cohérent avec vos capacités et vos besoins.

Il ne s'agit pas de vous imposer toujours plus de contraintes.

Il s'agit de choisir consciemment ce que vous souhaitez privilégier et quel prix vous accepter de payer. En sachant toujours que le resultat correpsond toujours au niveau d'investissement.

Et Finalement ...

« Est-ce que mes actions quotidiennes correspondent à ce que je considère comme important dans ma vie ? »


11. Apprendre à réguler son état émotionnel au quotidien

Comprendre son fonctionnement est essentiel.

Mais il est également important d'apprendre à agir lorsque notre état émotionnel devient difficile à gérer.

Il existe différentes techniques qui peuvent être utilisées selon les besoins et les situations.

Dans mes accompagnements, nous travaillons notamment avec des exercices de dissociation, des techniques de switch et des ancrages positifs.

Ces outils s'inscrivent dans une démarche de gestion émotionnelle .

Les exercices de dissociation

Dans le cadre des exercices que j'utilise, le principe est de prendre du recul par rapport à une situation ou à un ressenti, afin de ne pas rester entièrement absorbé par l'émotion du moment.

L'objectif est de décomprimé l'état émotionnel lié à la scène pour avancer plus sereinement.


Les switchs

Le switch est une technique que j'utilise pour travailler sur certains automatismes émotionnels et accompagner un changement de réponse face à une situation.

L'objectif est de ne plus reproduire systématiquement le même fonctionnement lorsque cela est possible.


Les ancrages positifs

Les ancrages positifs permettent de porter volontairement son attention sur des expériences, des sensations ou des souvenirs agréables.

Ils peuvent être utilisés pour retrouver des repères positifs dans le quotidien.

Il est intéressant de les pratiquer quotidiennement, et pas uniquement lorsque vous traversez une difficulté. Il vous emmène de l'energie et vous reconnecte à vos ressentis ce qui est très interessant aussi pour les gens qui ont une tendance à se couper de leurs émotions.


Un travail qui doit devenir quotidien

Le développement personnel ne se résume pas à réaliser un exercice une fois de temps en temps.

C'est un travail d'observation, de compréhension et d'ajustement.

Vous pouvez apprendre à repérer vos réactions plus rapidement.

À identifier vos besoins.

À reconnaître certaines croyances.

À modifier progressivement vos habitudes.

À choisir des réponses plus adaptées à vos situations.

Le but est de devenir progressivement autonome dans la compréhension et la gestion de votre fonctionnement. C'est dans l'autonomie que notre corps se sent fort et confiant car il a des ressources.


12. Votre méthode de travail personnelle : du constat à l'action

Pour vous aider à rassembler les différents éléments de cet article, je vous propose une méthode que vous pouvez reprendre dans votre cahier chaque fois qu'une situation vous pose problème.

L'idée est de ne pas vous arrêter à :

« Je ne vais pas bien. »

Mais d'aller progressivement vers :

« Je comprends mieux ce qui se passe et je peux commencer à réfléchir à ce que je vais mettre en place. »

Étape 1 — Identifier la situation

Décrivez brièvement ce qui s'est passé.

Restez factuel.

Ne cherchez pas encore à analyser le comportement des autres.

Étape 2 — Identifier votre ressenti

Qu'avez-vous réellement ressenti ?

Essayez d'être le plus précis possible.

Étape 3 — Évaluer l'intensité

Sur une échelle de 1 à 10, quelle est l'intensité de ce ressenti ?

Étape 4 — Rechercher les répétitions

Avez-vous déjà ressenti la même chose dans une autre situation ?

Est-ce un fonctionnement qui revient régulièrement ?

Ne cherchez pas uniquement les situations identiques.

Cherchez les ressentis similaires.

Étape 5 — Identifier la peur

De quoi avez-vous réellement peur ?

Qu'est-ce que vous cherchez à éviter ?

Qu'est-ce que vous essayez de protéger chez vous?

Étape 6 — Questionner vos croyances

Qu'est-ce que vous croyez à propos de cette situation ?

Qu'avez-vous appris à ce sujet ?

Étape 7 — Identifier vos besoins

De quoi avez-vous réellement besoin ?

Comment répondre à se besoin ?

Comment je pourrais exprimer ce besoin autrement ?

Étape 8 — Observer votre capacité d'action

Qu'avez-vous déjà essayé ?

Qu'est-ce que vous pourriez faire différemment ?

Étape 9 — Choisir une première action

Choisissez une action précise et réalisable.

Étape 10 — Observer les résultats

Après avoir mis cette action en place, revenez à votre cahier.

Qu'avez-vous réussi à faire ?

Qu'avez-vous ressenti ?

Qu'avez-vous appris ?

Votre ressenti a-t-il évolué ?

Qu'est-ce que vous pourriez ajuster pour la prochaine fois ?


Conclusion

Reprendre le contrôle, c'est avant tout apprendre à se comprendre

Nous passons parfois beaucoup de temps à chercher des explications à l'extérieur.

Nous analysons les comportements des autres, les situations que nous traversons, les difficultés que nous rencontrons.

Mais nous prenons moins souvent le temps de nous demander ce qui se joue réellement en nous.

Ces questions sont au cœur du travail que je propose.

Vous ne pouvez pas construire des solutions adaptées si vous ne comprenez pas suffisamment le fonctionnement sur lequel vous souhaitez agir.

Reprendre le contrôle de sa vie ne signifie pas contrôler les autres, supprimer toutes ses émotions ou empêcher les difficultés d'exister.

C'est apprendre à mieux se connaître pour retrouver progressivement une capacité de choix.

C'est accepter de regarder sa réalité sans se dévaloriser.

C'est reconnaître ses capacités, mais aussi ses difficultés.

C'est oser expérimenter de nouvelles choses pour construire des expériences.

C'est apprendre à identifier ses peurs plutôt que de les laisser systématiquement décider à sa place.

C'est aussi comprendre que le changement ne se construit pas uniquement pendant une séance d'accompagnement.

Il se construit dans le quotidien, à travers les observations, les décisions et les petites actions que vous choisissez de mettre en place.

Il ne s'agit pas de devenir parfait.

Il s'agit de devenir progressivement plus conscient de son propre fonctionnement.

Et si ce travail vous paraît difficile à réaliser seul, il est possible de vous faire accompagner pour identifier les mécanismes qui se répètent et travailler sur les ressentis émotionnels associés.

Innéal Conseil — Accompagnement et gestion des stress émotionnels

Apprendre à comprendre son fonctionnement pour retrouver une plus grande autonomie émotionnelle.

 
 
 

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