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Avant de vouloir modifier le comportement de votre cheval, commencez par comprendre ce qu'il provoque chez vous

inneallaccompagnem
il y a 23 minutes
8 min de lecture


Lorsque nous rencontrons une difficulté avec notre cheval, notre premier réflexe consiste généralement à chercher comment modifier son comportement.

Nous voulons qu'il cesse de fuir, qu'il accepte de s'éloigner de ses congénères, qu'il ne s'oppose plus à nos demandes, qu'il retrouve sa motivation ou qu'il devienne moins réactif.

Nous recherchons alors des exercices, des techniques d'éducation ou des solutions pour obtenir un changement.

Mais il existe une étape que je considère comme prioritaire dans mon approche de l'accompagnement émotionnel :

Avant de chercher à modifier le comportement du cheval, il est essentiel d'identifier ce que cette situation réveille chez l'humain.


Pourquoi ?

Parce que nous ne réagissons pas uniquement à ce que fait notre cheval.

Nous réagissons également à ce que son comportement représente pour nous.

Et cette représentation peut être profondément influencée par notre histoire, notre éducation, nos expériences, nos croyances et nos mécanismes de protection.


Votre cheval déclenche-t-il une difficulté ou met-il en lumière une insécurité déjà présente ?

Prenons l'exemple d'un cheval qui refuse de s'éloigner de ses congénères.

Pour un cavalier, cette situation peut simplement représenter une difficulté éducative à résoudre.

Pour un autre, elle peut provoquer un sentiment d'échec, une peur de perdre le contrôle ou l'impression de ne pas être respecté.

Le comportement du cheval peut être similaire, mais les réactions émotionnelles des deux cavaliers seront très différentes.

Pourquoi ?

Parce qu'ils ne donnent pas nécessairement la même signification à ce qu'ils vivent.

Le premier pourra observer, analyser et rechercher une solution.

Le second pourra ressentir une pression importante, se crisper, multiplier les demandes ou entrer dans une forme de confrontation.


Le problème n'est donc pas uniquement ce que fait le cheval, mais également la manière dont l'humain vit et interprète cette situation.

Cela ne signifie pas que le cheval est responsable des émotions de son cavalier, ni que toutes ses difficultés proviennent de l'humain.

Cela signifie que deux fonctionnements doivent être compris : celui du cheval et celui de la personne qui interagit avec lui.


Une difficulté émotionnelle non résolue peut réapparaître dans d'autres situations

C'est un point particulièrement important.

Imaginons qu'un cavalier ressente une forte insécurité lorsqu'il ne parvient pas à contrôler les déplacements de son cheval.

Il peut apprendre des techniques pour améliorer la réponse de l'animal.

Il peut même parvenir à résoudre cette difficulté précise.

Mais si son besoin de contrôle reste associé à une peur importante de l'imprévu, cette insécurité peut se manifester de nouveau.

Avec un autre cheval.

Lors d'une sortie en extérieur.

Face à un exercice inconnu.

Lorsqu'un événement ne se déroule pas comme prévu.

Ou même dans sa vie personnelle et professionnelle.


Lorsque nous travaillons uniquement sur la situation extérieure sans comprendre le mécanisme émotionnel qu'elle active, nous risquons de retrouver le même inconfort dans un autre contexte.


C'est pourquoi je considère qu'il est intéressant de ne pas attendre que les difficultés se répètent pour s'interroger sur notre propre fonctionnement.


La sécurité du cavalier ne devrait pas dépendre uniquement de l'obéissance du cheval

Nous pouvons parfois chercher à obtenir une réponse immédiate de notre cheval parce que cette réponse nous rassure.

Lorsque le cheval accepte, nous nous sentons compétents, légitimes et en sécurité.

Lorsqu'il refuse, nous pouvons perdre cette sécurité.

Notre équilibre devient alors dépendant du comportement de l'animal.

Mais un cheval reste un être vivant.

Il possède ses propres besoins, ses apprentissages, ses réactions et ses limites.

Il ne peut pas garantir que chaque situation se déroulera exactement comme nous le souhaitons.

Il est donc essentiel de construire une sécurité personnelle qui ne repose pas exclusivement sur le fait que le cheval réponde à toutes nos attentes.

Cela passe par la connaissance de ses propres réactions, la compréhension du comportement équin, le développement des compétences techniques et la capacité à reconnaître les situations qui dépassent nos ressources du moment.

Un cavalier plus conscient de son fonctionnement peut apprendre à prendre du recul, à identifier ses limites et à rechercher une solution adaptée, sans transformer systématiquement chaque difficulté en remise en question personnelle.


Comprendre le cheval et comprendre l'humain : deux apprentissages complémentaires

Pour construire une relation cohérente, il est indispensable de respecter la nature du cheval.

Le cheval n'analyse pas les situations exactement comme nous.

Il possède des capacités d'apprentissage, des besoins physiologiques et sociaux ainsi que des réactions de protection qui lui sont propres.

Il apprend notamment à travers les associations qu'il établit entre les événements, les signaux et leurs conséquences.

Nos demandes doivent donc être compréhensibles, cohérentes et adaptées à ses capacités.

Si nous multiplions les signaux contradictoires, si nous ne respectons pas ses besoins ou si nous lui demandons quelque chose qu'il ne peut pas réaliser dans les conditions présentes, nous pouvons contribuer à créer de la confusion ou de l'inconfort.

Mais pour être capables de communiquer clairement avec lui, nous devons également apprendre à observer notre propre comportement.


Le cavalier doit aussi apprendre à s'adapter

Imaginons que vous demandiez à votre cheval d'avancer.

Il ne répond pas.

Vous répétez votre demande.

Vous commencez à ressentir de la frustration.

Votre posture change, vos gestes deviennent moins précis et votre attention se focalise progressivement sur le résultat que vous souhaitez obtenir.

À ce moment-là, êtes-vous encore en train d'observer les besoins et les réponses de votre cheval ?

Ou êtes-vous principalement en train de chercher à faire disparaître votre propre inconfort ?

Cette question est essentielle.

Car lorsque nous sommes absorbés par notre frustration, nous pouvons perdre une partie de notre disponibilité pour observer, comprendre et ajuster nos demandes.

Nous attendons du cheval qu'il s'adapte à nous, alors que nous avons cessé de nous adapter à lui.

La relation devient alors déséquilibrée.

L'objectif est de construire un apprentissage dans lequel les demandes sont claires, progressives, respectueuses des capacités de l'animal et compatibles avec son bien-être.


L'opposition du cheval : une occasion d'observer notre rapport au refus

La notion d'opposition est particulièrement intéressante dans la relation homme-cheval.

Lorsque nous demandons quelque chose à notre cheval et qu'il ne répond pas comme prévu, nous pouvons interpréter son comportement comme un refus volontaire.

Mais avant de conclure, plusieurs possibilités doivent être envisagées.

A-t-il compris la demande ?

Possède-t-il les apprentissages nécessaires ?

Est-il physiquement capable de réaliser ce qui lui est demandé ?

Ressent-il une douleur ou un inconfort ?

Son environnement lui permet-il de se sentir suffisamment en sécurité ?

La demande est-elle cohérente avec les signaux que nous lui avons appris ?

Ces questions concernent directement le cheval.

Mais une autre question mérite également notre attention :

Pourquoi le refus de mon cheval me met-il autant en difficulté ?

Est-ce parce que je me sens impuissant ?

Parce que j'ai peur du regard des autres ?

Parce que je considère que l'autorité doit nécessairement se traduire par une obéissance immédiate ?

Parce que je supporte difficilement qu'une situation échappe à mon contrôle ?

Ou parce que je ne sais pas encore comment réagir lorsque mes attentes ne sont pas satisfaites ?

Nous pouvons retrouver certains de ces fonctionnements dans nos relations humaines.

Au travail, dans le couple, avec nos enfants ou dans nos relations sociales.

Le refus de l'autre peut parfois être vécu comme une attaque, alors qu'il représente simplement une limite, un besoin différent ou une difficulté de compréhension.

Apprendre à observer notre réaction face au refus de notre cheval peut donc devenir une occasion de questionner notre rapport à l'autorité, à la liberté, à la frustration et à la communication.


La relation ne devrait pas être une confrontation entre deux besoins de sécurité

Le cheval cherche à répondre à ses besoins et à évoluer dans un environnement qu'il peut comprendre.

L'humain recherche également de la sécurité, de la cohérence et une certaine capacité à anticiper les événements.

Mais ces deux besoins peuvent parfois entrer en contradiction.

Le cheval souhaite rejoindre ses congénères.

Le cavalier souhaite partir seul en extérieur.

Le cheval manifeste de l'inquiétude.

Le cavalier veut terminer l'exercice prévu.

Le cheval ne comprend pas une demande.

Le cavalier interprète son absence de réponse comme un manque de coopération.

Si chacun reste enfermé dans son propre fonctionnement, la situation peut devenir une succession de tensions.

Le cheval exprime un inconfort.

L'humain ressent cet inconfort comme une difficulté personnelle.

Sa réaction peut alors augmenter la pression sur l'animal.

Le cheval peut devenir encore moins disponible pour apprendre.

Et le cavalier peut se sentir de plus en plus dépassé.

Un cercle de réactions peut ainsi s'installer.


Pour en sortir, il faut cesser de chercher uniquement lequel des deux doit céder et commencer à comprendre ce dont chacun a besoin pour évoluer.

L'humain doit apprendre à reconnaître ses réactions émotionnelles et à adapter son positionnement.

Le cheval doit bénéficier d'un environnement, d'une éducation et de conditions de vie qui respectent ses besoins.

L'objectif n'est pas de supprimer toute difficulté, mais de développer les ressources nécessaires pour les traverser avec davantage de compréhension.


Travailler sur soi avant de reprendre le travail du cheval : une priorité dans certaines situations

Lorsqu'un cavalier rencontre une difficulté qui déclenche une réaction émotionnelle importante, il peut être pertinent de commencer par travailler sur cette réaction avant de reprendre l'exercice problématique.

Par exemple, si une personne a vécu une chute et ressent une peur intense à l'idée de remonter à cheval, chercher immédiatement à obtenir une nouvelle performance n'est pas nécessairement la réponse la plus adaptée.

Il peut être préférable de commencer par comprendre ce que cette expérience a provoqué chez elle.

Quelles peurs sont apparues ?

Quelles sensations physiques accompagnent cette peur ?

Quelles situations sont désormais perçues comme dangereuses ?

Quelles ressources lui permettraient de retrouver progressivement davantage de sécurité ?

Cette démarche peut également concerner un cavalier qui ressent une forte colère face à l'opposition, une frustration importante lorsqu'il n'obtient pas de résultat ou un besoin excessif de maîtriser chaque situation.

L'objectif est d'éviter que le cheval devienne malgré lui le support sur lequel l'humain tente de résoudre ses propres insécurités.

En développant ses ressources personnelles, le cavalier peut ensuite aborder le travail avec davantage de disponibilité pour observer les besoins de l'animal.

Bien entendu, lorsqu'un cheval présente une douleur, un problème de santé, un comportement dangereux ou des conditions de vie inadaptées, ces éléments doivent être pris en charge sans attendre.

Le travail émotionnel de l'humain ne remplace jamais les interventions vétérinaires, éducatives ou les mesures de sécurité nécessaires.


Le véritable objectif : faire évoluer les deux fonctionnements sans les confondre

Il me semble important de comprendre que le cheval et l'humain ne doivent pas être considérés comme deux individus ayant exactement les mêmes mécanismes.

Le cheval possède son propre fonctionnement biologique et comportemental.

L'humain possède le sien.

Mais leur relation constitue un espace dans lequel leurs réactions respectives interagissent.

Nous pouvons donc travailler sur deux dimensions complémentaires.

Comprendre le cheval :

Identifier ses besoins, respecter sa physiologie, comprendre ses apprentissages, observer ses réactions et construire une communication cohérente.

Comprendre l'humain :

Identifier ses peurs, ses croyances, ses interprétations, ses besoins de sécurité, ses réactions face à l'opposition et sa capacité d'adaptation.

L'une ne doit pas effacer l'autre.

Il ne s'agit pas de demander au cheval de résoudre les difficultés émotionnelles de son propriétaire.

Il ne s'agit pas non plus de considérer que le travail personnel du cavalier suffira à modifier tous les comportements de l'animal.

Il s'agit de permettre à chacun d'évoluer dans son propre fonctionnement pour construire une relation plus claire, plus sécurisante et plus équilibrée.


Et si votre cheval vous permettait de découvrir ce que vous avez encore besoin de travailler chez vous ?

La prochaine fois que vous rencontrerez une difficulté avec votre cheval, je vous invite à prendre le temps de distinguer deux questions.

« De quoi mon cheval a-t-il besoin pour comprendre, apprendre ou se sentir en sécurité dans cette situation ? »

Et :

« Qu'est-ce que cette situation provoque chez moi, et pourquoi ? »

La première question vous aidera à mieux comprendre votre cheval.

La seconde pourra vous permettre de mieux comprendre votre propre fonctionnement.

Et c'est en associant ces deux réflexions que vous pourrez construire de nouvelles possibilités d'évolution.

Car une difficulté rencontrée avec votre cheval ne représente pas nécessairement un échec.

Elle peut aussi devenir une occasion de développer vos connaissances, vos ressources et votre capacité d'adaptation.

Avant de vouloir changer la réponse de votre cheval, prenez le temps de comprendre ce que cette réponse vient réveiller chez vous.

C'est parfois à cet endroit que commence une évolution bien plus profonde que la simple résolution d'un problème équestre.


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Mon approche vise à développer les ressources personnelles, la sécurité émotionnelle et la capacité d'adaptation, en complément des interventions vétérinaires et des professionnels équins lorsque celles-ci sont nécessaires.

ℹ️ Les exercices et conseils partagés par Innéal Conseil s'inscrivent dans une démarche d'accompagnement émotionnel non médical. Ils ne constituent pas des soins médicaux et ne remplacent pas un diagnostic, un traitement ou un suivi par un professionnel de santé.



 
 
 

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